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© Michiel Devijver

En tant qu'attraction touristique, L’Agneau mystique des frères Van Eyck attire à Gand des gens du monde entier. Chaque fois que des troupes françaises ou allemandes entraient en Belgique, elles l'emportaient avec elles. Régulièrement volée, elle est à présent installée dans la cathédrale Saint-Bavon de Gand, transformée en chambre forte pour sa protection.

Adam et Eve, Caïn et Abel, martyrs et anges figurent sur le retable du XVè siècle. Les motifs sont chrétiens et spirituels, mais les visages des personnages sont réalistes : ce sont les visages de Gand. Les frères Van Eyck y ont immortalisé leurs mécènes et clients, ainsi que leurs voisins et collègues. L'une des premières œuvres d'art moderne réaliste est donc à la fois documentaire et mythique, ordinaire et universelle. Milo Rau est engagé dans un « théâtre du réel » depuis une décennie. Tout comme les frères Van Eyck en leur temps, il combine le quotidien et le spirituel. Tout comme le retable se compose de plusieurs couches qui se chevauchent, tout comme le réel se mêle au symbolique, les Gantois vont parler de leur vie sur scène. 

Au cours d'un casting de plusieurs mois, qui a été filmé, ce projet plonge dans l'ici et maintenant d'une communauté urbaine : qui est le Caïn de Gand, qui est son Abel ? Qui joue Adam et qui Eve ? Qui sont les martyrs du 21e siècle ? Les croisés et les juges justes ? Les clients ? Que nous disent-ils sur les thèmes de cette peinture, sur le péché originel et la souffrance humaine, sur la foi et la tragédie, sur la mort et le salut ? Dans la reconstruction du retable sur scène, un panorama de notre monde actuel émerge, entre tradition et avenir incertain - et en même temps, un manifeste pour la signification de l'art et de la spiritualité dans une vie humaine.