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© Christine Citti

Résonnent ici des voix que l’on entend bien peu. Qui sont ces jeunes qui, en toute verve et crudité, nous font part de leurs vies bouleversées ? On comprend, loin des caricatures et sans angélisme aucun, qu’il s’agit de mineurs en foyer d’accueil d’urgence. Brûlante chorale, coups de gueule, confidences...
Mais nous sommes au théâtre, les jeunes sont des comédiens, les deux éducateurs aussi. Christine Citti, l’auteure, joue son propre rôle d’intervenante extérieure. Le texte qu’elle a conçu, à l’issue de son expérience dans un foyer de La Courneuve, restitue une langue et une réalité sociale. Tous les personnages sont dépassés par la situation, les encadrants sont réduits à du bricolage social, chacun cherche à s’en sortir du mieux qu’il peut. Ces jeunes peuvent-ils « gagner » ? Juste une vie décente par exemple ?

 

Extrait 

​J’ai écouté, regardé des jeunes mineurs dans des foyers d’accueil d’urgence. Ils racontaient ce qu’ils avaient subi, ce qu’ils subissaient. Quelques éclats. Une violence sourde. Et beaucoup d’ennui. Leurs cris, ils me les ont racontés en se vantant, en dessinant, en mentant, en chantant. Jamais en pleurant.
Puis, pour leur donner la parole, je me suis autorisée à écrire. Je me suis replongée dans leurs jeunesses brisées, salies. Je me suis nourrie de leurs sourires, de mes larmes, de leurs regards.
« Ils n’avaient pas prévu qu’on allait gagner »
C’est une phrase d’une chanson qu’ils écoutaient en boucle sur leurs portables. Cette phrase a longtemps résonné en moi. Depuis leurs naissances, quelqu’un a-t-il envisagé qu’ils puissent un jour gagner ?
Christine Citti

Donner la parole à ceux que l’on n’entend pas assez, non pas aux invisibles, mais à ceux qu’on ne veut pas voir, et aider à faire naître un répertoire contemporain, sont aujourd’hui, comme hier, mes priorités.
Christine Citti a su saisir les aspirations, les désirs enfouis, les épreuves de ces jeunes en situation de violences. Elle a composé une oeuvre chorale où les récits des uns font écho aux autres. Une écriture brute et poétique pour une jeunesse en manque d’attention.
Un théâtre généreux et ouvert au monde.
Un théâtre nécessaire, fiévreux, en situation d’urgence.
Jean-Louis Martinelli