Édito

Nous sommes heureux au coeur de cette saison majoritairement féminine et résolument internationale de vous proposer ce nouveau temps fort des Soli, traversé lui aussi par la musique des langues et le bruit du monde. Construit sur deux semaines, il vous fera découvrir sept performeuses hors pair dans des formats insolites et formidablement nécessaires, qui interrogent à nouveau l’infini des possibles du plateau et du geste qui l’incarne. Avec une même fascinante capacité à irradier la scène de leur force vitale, un radical engagement des corps, de la voix parlée, chantée ou psalmodiée, elles font du plateau un lieu d’émancipation mais aussi d’exultation du corps féminin, et créent un monde poétique et critique inouï, qui résonnera longtemps de leurs combats, aveux, balbutiements, colères, investigations, de leur humour et de leur lucidité.

Le premier weekend est placé sous le signe du violent dans des propositions radicales où l’intime des dessins de Kubra Khademi, la litanie de Ruth Rosenthal, ou le corps exultant de l’impressionnante Nora Chipaumire, affrontent l’irreprésentable, un coin du monde ou de l’Histoire où la folie meurtrière l’a emporté, où l’oppression est abyssale, infinie et structurelle. Chaque proposition invente un dispositif qui cherche à impacter physiquement le public, que ce soit pour le mettre au coeur de ces contradictions invivables pour H2-Hébron, ou pour prendre de plein fouet la mesure du sursaut vital que propose #PUNK 100%POP *NIGGA, concert rageur et festif, première en France que nous nous réjouissons de partager avec vous et d’organiser avec l’Astrolabe. À consommer sans modération.

La deuxième semaine travaillera sur une autre frontière, celle obscure et mouvante de nos fantasmes les plus archaïques, avec trois projets hypnotiques aux confins de l’enfance, de sa sauvagerie et de cette « inquiétante étrangeté » qui nous constitue. La part belle est faite à deux jeunes créatrices, Marion Siéfert déjà présente la saison passée, et Julie Delille, artiste castelroussine, qui ont toutes deux impressionné la critique par la singularité, la pertinence et la maîtrise de leurs propositions. L’humour méchant de l’enfant grande et la belle plasticité de l’enfant sauvage se feront donc écho tandis que la néo-zélandaise Kate McIntosh proposera une performance participative qui, avec élégance et virtuosité, nous emmènera aussi aux confins des terreurs sourdes de l’enfance.

Comme tout au long de la saison, nous associons à ce temps fort la librairie Les Temps Modernes qui prolongera cette cartographie du violent avec Nathalie Léger et son récit tragique de l’artiste Pippa Bacca et le Cinéma Les Carmes avec deux films d’Amos Gitaï et le documentaire d’Amandine Gay. Et parce que le CDNO cherche à développer un réseau européen de jeunes créatrices, nous accueillerons en résidence Raquel André, une jeune artiste portugaise, associée au Teatro Nacional D.Maria II (Lisbonne), pour son projet Collection of artists, qu’elle débutera avec nos performeuses en présence. Une méta proposition dont elle présentera une première ouverture publique. À suivre …

Séverine Chavrier

Infos pratiques :

SOLI #1

REPERFORMANCE
De et par Kubra Khademi
Vendredi 18 janvier à 18h00 - Samedi 19 janvier à 20h00
Durée : 1h10 - Salle Le Kid

H2-HÉBRON
De Winter Family
Avec Ruth Rosenthal
Vendredi 18 janvier à 19h30 - Samedi 19 janvier à 18h00
Durée : 1h10 - Atelier du CDNO

# PUNK 100% POP *NIGGA
De et par Nora Chipaumire
Première en France
Vendredi 18 janvier à 21h30 - Samedi 19 janvier à 21h30
Durée : 3h00 - Salle Antoine Vitez

SOLI #2

LE GRAND SOMMEIL
De Marion Siéfert
Mardi 22 janvier à 20h30
Durée : 1h00 - Salle Jean-Louis Barrault

JE SUIS LA BÊTE
De et avec Julie Delille
D’après le roman d’Anne Sibran
Jeudi 24 janvier à 19h30 - Vendredi 25 janvier à 21h00
Durée : 1h00 - Salle Jean-Louis Barrault
En partenariat avec le Théâtre de la Tête Noire, Saran

IN MANY HANDS
De Kate McIntosh
Jeudi 24 janvier à 21h00 - Vendredi 25 janvier à 19h00
Durée : 1h30 - Salle Antoine Vitez