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© Bruno Simao

Sur le plateau du théâtre et dans chacune de ses propositions artistiques, Angélica Liddell est à la fois auteure, metteure en scène, scénographe, comédienne. Elle s’impose par son univers baroque, mêlé d’autobiographie et de fulgurances pamphlétaires, et conçoit la scène comme un espace de résistance. La torera de la performance espagnole semble prendre la douleur du monde sur le plateau, en elle, déplace la sauvagerie de certains dysfonctionnements collectifs sur l’intime de son propre corps, un corps souvent soumis à rude épreuve, malmené, violenté, tourmenté jusque dans sa chair, qui cherche une expiation par le geste artistique.
Animée par un engagement physique et moral sans limites, avec son théâtre de la douleur, elle s’attaque ici au roman phare de la littérature américaine, La Lettre écarlate, de Nathaniel Hawthorne.

"La vérité est censurée, occultée, rejetée par d’invisibles tribunaux qui décident d’ostraciser tout ce qui est jugé nauséeux. Avant c’était la religion, maintenant c’est l’empire de la raison. Dans les deux cas, la loi est soumise à l’État ; il n’y a qu’à voir les terribles effets de la volonté générale pensée par Jean-Jacques Rousseau sur l’art.
Hawthorne lui-même le prédit dans son ouvrage, en comparant avec ironie le pilori où Hester Prynne est exhibée, « un facteur très important pour l’éducation de bons citoyens », avec la « guillotine de la Terreur française ».
Les actions de rébellion sont brutales car elles se défendent contre la brutalité de la loi, de la censure ; de la répression, du puritanisme, autrement dit de la civilisation, mais en même temps elles n’existeraient pas sans elle ; voilà La Lettre écarlate, voilà Hawthorne, la civilisation prépare le terrain afin que la rebelle s’autodétruise, voici ce qu’est l’ART."
Angélica Liddell