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D.R.

La vie de Nina Simone est une traversée terrible et sublime, une épopée de 70 ans qui se termine en drame. C’est à la fois l’histoire d’une quête intime éperdue pour la reconnaissance et celle d’une lutte politique vitale qui résonne aujourd’hui encore.  Figure tragique d’une révolte, Nina Simone, presque trop connue pour que l’on puisse s’en approcher, est sans doute irreprésentable sur un plateau de théâtre. Jouer une Nina Simone, faire chanter comme Nina Simone, est un pari risqué : on sera toujours pâle à côté du réel. Pourtant il y a là quelque chose d’infiniment attirant. 

Non contente d’avoir vécu une vie épique, elle est aussi malgré elle l’héritière directe d’une bonne partie de l’histoire des États-Unis : arrière arrière-petite-fille d’une Amérindienne mariée à un esclave noir Africain, elle porte en elle 4 siècles d’histoire coloniale. En racontant son histoire avec une équipe d’interprètes et de créateurs afro-américains et français, j’entends aussi aborder le récit de la conquête meurtrière du Nouveau Continent par les colons européens à partir du 15ème siècle, une partie de l’histoire française de l’esclavage et particulièrement l’histoire des Afro-Américains. De l’arrivée de Christophe Colomb aux Bahamas, au chef Skyuka massacré avec sa tribu amérindienne dans l’actuelle Caroline du Nord, en passant par l’histoire des Africains-Américains victimes de l’esclavage, je tenterai à travers l’histoire de cette femme de raconter et d’interroger ainsi une partie de notre histoire et de notre héritage occidental contemporain.

Il s’agira de faire exister dans une fiction travaillée par la grande Histoire ce qui habite Nina Simone, ceux qui l’ont accompagnée sa vie durant et ses fantômes, comme différentes facettes d’une pierre que l’on ne pourrait jamais embrasser d’un même regard. 

Extrait 

Un homme, américain, qui parle Français :

Bonsoir, 

Je m’appelle Howard Zin, je suis historien, américain, je suis mort en 2010 à Santa Monica en Californie et j’ai actuellement 95 ans. 

On est le 12 octobre 1492 et il est deux heures du matin.

Ça fait environ 1 mois qu’ils sont partis d’Espagne et l’équipage de Christophe Colomb voit la terre. 

Ils pensent être arrivés dans les Indes orientales, au Japon précisément. Mais ils sont en fait en train de découvrir un nouveau monde.

Quelques années après, un collaborateur de Christophe qui vivait en Italie, Amerigo Vespuci (il travaillait dans une association de traites d’esclaves et par la suite est allé au Nouveau monde lui aussi) comprend que ce qu’ont découvert Christophe et ses amis, ce n’est ni l’Inde ni le Japon mais un nouveau continent.

20 ans après, en 1507 à Saint-Dié dans les Vosges, chez vous en France, un cartographe qui s’appelle Martin Waldseemuller, dessine un nouveau planisphère. Et en hommage à Amerigo dont il a lu les récits de voyage, il appelle ce Nouveau Monde : America. 

Le Nouveau Monde est devenu America, grâce à Martin de Saint-Dié dans les Vosges - et à grâce à Amerigo Vespuci évidemment.

 

Voilà.

 

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A Black man comes on in his wheelchair. He is bare-chested and in shorts. On his stomach is an open wound. He is holding supplies for changing the dressing. (Gauze, disinfectant, scissors...) and a big glass of milk. He gives the supplies to Little Simone child.

Little Simone Child: Do you want to drink the milk first?

John: No.

She cleans the wound, slowly, in silence, then applies the dressing. It takes a long time.

Little Simone Child: Can you tell me a made-up story?

John: Sweetheart, I just don't have the energy.

Little Simone Child: Can I go play?

John: Mommy's going to be home soon.

Little Simone Child: …She's such a pain, Mommy.

John: Do you think we should take her back to the store?

Little Simone Child: Yes, we'll take her back to the store in San Francisco.

John: Oh, so now we bought Mommy in San Francisco?

Little Simone Child: Yes.

John: We didn't buy her in Tryon?

Little Simone Child: No, you said before that we can't buy stuff in stores anymore.

John: Oh, right, that's true.

Little Simone Child: Do you love me?

John: Enormously.

Little Simone Child: Like what?

John: Like the whole universe.

Little Simone Child: How big is the universe? Is it bigger than San Francisco?

John: It's…4 million times bigger than San Francisco

Little Simone Child: Is that a lot, four million?

John: It's more than a lot. A lot a lot more.

Little Simone Child: And I love you even more than four million universes.

John: Waaa, cool.

Little Simone Child: Papa, when will you be better?

John: I don't know.