(c) Christophe Martin

À l’origine il y a Le Bal, pièce sans parole créée en 1981 par le metteur en scène  Jean-Claude Penchenat et la compagnie du théâtre du Campagnol, devenue
par la suite un film d’Ettore Scola. Mathilde Monnier et Alan Pauls, auteur argentin, inventent aujourd’hui un nouveau Bal qui s’ancre en Argentine, dans l’Histoire du pays de 1978 à nos jours, plus spécifiquement à Buenos Aires, une ville où la danse a une place significative et qui s’inscrit dans un contexte politique et social fort.

Tout en restant fidèle à l’esprit originel de la pièce par un travail collectif, une forme d’immanence documentée, un lieu unique et une absence de « dialogues », cette création diffère du Bal original : le déplacement de la forme théâtrale vers la forme chorégraphique bouleverse profondément la donne : il n’y a pas de fiction, même s’il y a toujours du jeu. Il s’agit de traiter de l’histoire argentine d’une manière sensible et subjective. Cette histoire politique ne s’aborde pas « de front », elle s’écrit à travers les rapports d’espace, de mouvements et de situations. Le spectacle invoquera peut-être l’Histoire, mais à travers des histoires minuscules, celles que chaque participant porte en lui, presque à son insu, dans le contexte forcément collectif du bal.