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© Patrick Berger

Quelle aurait pu être la bande musicale de la mission Apollo 11 ? Quels sons pouvons-nous imaginer pour sculpter l’espace quantique ? Quel parcours sensoriel a pu vivre Neil Armstrong pendant la mission ?

Fin du mois de juillet 1969. Le monde entier (400 millions de téléspectateurs) a le regard tourné vers la Lune, et le groupe Pink Floyd est en direct dans les studios de la BBC pour accompagner musicalement l’événement : c’est le point culminant du programme spatial Apollo, avec la mission Apollo 11 qui a permis à Neil Armstrong de poser pour la première fois le pied sur la Lune. Cette année est également le point culminant d’une autre aventure, car elle voit l’arrivée sur le marché des deux synthétiseurs qui ont marqué le monde du studio et de la pop musique : le Minimoog et le Synthi EMS VCS3, deux machines que le groupe Pink Floyd utilisera pour l’album The dark side of the moon. Ces deux révolutions, faisant entrer l’univers cosmique dans la musique des années 60/70, sont la genèse du spectacle Cosmos 1969. Avec Cosmos 1969, Thierry Balasse propose une écriture scénique qui mêle sculpture sonore en multidiffusion immersive, sculpture de l’espace par la scénographie et la lumière, exploration de cet espace par le corps d’une artiste en suspension, flottant au-dessus des musiciens. Suspendue à la ligne courbe dessinée par Yves Godin, Chloé Moglia conçoit une performance inspirée par les différentes étapes de la mission Apollo.

En nous propulsant dans son monde visuel, Yves Godin, qui travaille l’espace scénographique, tente de rendre matériel l’immatériel et l’immatériel matériel, crée une transparence habitée, comme une vibration atomique aux limites de notre perception visuelle, une hallucination en trois dimensions. Yves Godin interroge une nouvelle fois notre relation contemporaine à la lumière (sujet d’étude principal des cosmologistes) à travers le médium artistique.
Tout en nous plongeant dans un monde sonore composé de titres marquants de la pop des années 60/70, Thierry Balasse propose une création musicale centrale qu’il souhaite « quantique », inspirée par ses rencontres avec divers scientifiques, cosmologistes, physiciens, chimistes et minéralogistes. La réalisation de cette « musique quantique » s’appuie sur la vibration originelle du son et explore l’espace de la salle de spectacle pour créer une sculpture sonore immersive tour à tour terrienne (sons réalistes) et cosmique (sons synthétiques), une composition réalisée sur les synthétiseurs analogiques Minimoog et Synthi EMS VCS3. Ces synthétiseurs permettent de reproduire musicalement certains phénomènes naturels ou expériences de laboratoire. Couplés à la station numérique d’exception Pyramix ils génèrent des effets de localisation très rapides, à l’instar de nos particules élémentaires…
En observant le corps de Neil Armstrong, transposé dans le travail de Chloé Moglia, qui s’attarde sur les courbes de densité et d’évanescence, de poids et de légèreté dans l’espace temps dilaté du voyage de la mission Apollo 11. Par la pratique de la suspension, Chloé Moglia souligne le paradoxe de la force et de la fragilité, et dessine parfois la gravité modifiée (sur la Lune) et parfois l’apesanteur totale durant les vols spatiaux.