Le projet

Le Centre chorégraphique national du Havre Normandie a connu une période de préfiguration entre 1986 et 1993 avec Joëlle Bouvier et Régis Obadia puis a connu différentes directions : François Raffinot de juillet 1993 à décembre 1998 et Hervé Robbe de janvier 1999 à décembre 2011.

Depuis janvier 2012 sous la direction d’Emmanuelle Vo-Dinh, Le Phare, Centre chorégraphique national du Havre Normandie, développe un projet autour des écritures chorégraphiques contemporaines. Autour de la mission première de création et diffusion des oeuvres de sa directrice. L’ensemble des missions associées sont envisagées comme un partage de ces écritures contemporaines avec les publics, en privilégiant une diversité des esthétiques pour que ces derniers puissent appréhender le plus largement possible les différents courants qui marquent aujourd’hui le champ chorégraphique.

Dans cette perspective, les projets mis en place au sein du Phare irriguent cette démarche : festival Pharenheit sur l’ensemble du territoire haut-normand (qui permet de présenter les créations des artistes accueilli-e-s au Phare dans le cadre des accueils studios), soirées Phare West dédiées aux écritures hors normes et transversales, masterphares (ateliers ludiques autour des processus d’écritures ouverts à tou-te-s), élaboration de projets à destination des différents publics.

L’annonce de mesures nouvelles portées par le Ministère de la Culture et de la Communication, a permis à huit Centres chorégraphiques nationaux, dont celui du Havre, d’accueillir pour trois ans un-e artiste associé-e. Au Phare, Mylène Benoît et sa compagnie Contour Progressif ont rejoint le projet du Phare dès janvier 2016. Ce partenariat au long cours est envisagé comme une force vive supplémentaires et un désir de permettre aux lignes de réflexions de notre projet de rester mouvantes, en devenir, ouvertes à d’autres visions

 

Emmanuelle Vo-Dinh

Chorégraphe et directrice du Phare, Centre Chorégraphique National du Havre Normandie

Emmanuelle Vo-Dinh est une chorégraphe des phénomènes qu’ils soient sociaux, physiologiques, psychologiques ou mécaniques. Elle s’empare de faits précis, les observe, les comprend puis les transforme en matériaux chorégraphiques et plastiques. À la création de sa compagnie, Sui generis, en 1997, elle s’intéresse d’abord aux émotions. Elle passe ainsi deux mois auprès du neurologue Antonio Damasio à Iowa City pour préparer Texture/Composite (1999). Puis elle se plonge dans les écrits de Jean Oury sur la schizophrénie, qui lui inspirent sa pièce Sagen (2001). S’ensuit un cycle plus minimaliste, autour des thèmes de la répétition, du temps et de la mémoire, tout autant instruit, construit et vécu : Croisées (2004), White light (2005), Ici/Per.For (2006). Les rapports masculin/féminin ainsi qu’une recherche plus formelle sur les relations entre corps, musique et voix, marquent entre autres son travail depuis 2007 (Ad Astra, Eaux-fortes, -insight-, Sprint). À la tête du Phare, Centre chorégraphique national du Havre Normandie depuis 2012, son intérêt pour les sciences s’articule progressivement à un questionnement sur la fiction et la narration, imprimant une dimension plus théâtrale à ses pièces (Tombouctou déjà-vu).

Renan Benyamina pour le Festival d’Avignon