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© Pierre Grosbois

« En 2008, j’ai participé en tant qu’interprète à une fiction radiophonique de France Culture, réalisée par Jean Couturier. Il s’agissait d’une adaptation du roman policier Un crime, de Georges Bernanos. J’interprétais alors le rôle du curé de Mégère.

Dans son roman, Georges Bernanos décortique avec minutie le caractère particulier des territoires isolés. C’est un personnage atypique qui est au centre de l’intrigue, une femme à la mission mortifère qui se cache sous l’habit de dieu et qui agit aux antipodes des principes et des valeurs que prône la religion catholique. Le curé de Mégère, interprété par cette femme, exerce un étrange pouvoir de séduction et de persuasion provoquant ainsi une sorte de chaos dans une organisation aux apparences solides. Les histoires personnelles et les failles de chacun des protagonistes sont révélées et leurs sentiments exacerbés.

En manipulant la symbolique religieuse et ses icônes, Georges Bernanos invente une enquête policière originale qui manie l’étrangeté, le fantasme et l’effroi tout en préservant un cadre complexe dans lequel les sentiments humains restent ancrés dans le réel. Bien qu’écrit en 1935, ce roman qui flirte avec le fantastique, déploie des thématiques et des tabous intemporels, qui aujourd’hui encore peuvent poser des questionnements profonds dans le cadre du spectacle vivant. À mon sens, Un crime porte un discours à la fois intime et universel et interroge la religion de manière originale. L’habit ici ne fait pas le moine. En interrogeant le fonctionnement des différents pouvoirs, Un crime met en exergue les préjugés coriaces d’une société contemporaine qui veut tendre vers une certaine normalité. »

Jonathan Capdevielle (avril 2016)

Extrait 

Le juge à l’inspecteur :
« Vous arrive-t-il de faire des rêves, (…) de vrais rêves, des rêves dont la logique et la vraisemblance sont telles qu’ils semblent se prolonger au-delà, prennent leur place dans nos souvenirs, appartiennent à notre passé ? »
Extrait de Un crime, Georges Bernanos, 1935